EFJ Mag - Le magazine des étudiants de l’école Française de Journalisme
| AccueilDu haut de ses 30 centimètres, le grand hamster d’Alsace crée la polémique en France et en Europe. Au cœur des conflits entre agriculteurs et associations, l’avenir du rongeur reste incertain.
Passé d’espèce nuisible à espèce protégée en quelques années, le petit rongeur fait partie des « mammifères les plus menacés d’Europe » à ce jour. Il en resterait moins de 205 sur le territoire. Créant d’importants dégâts dans les cultures, l’espèce a été presque éradiquée. L’animal, appelé aussi la marmotte de Strasbourg, se nourrit principalement de plantes sauvages et de graines mais n’hésite pas à s’attaquer aux champs cultivés. Sur le territoire national, les derniers foyers de population se situent principalement en Alsace. Seuls certains individus survivent dans une dizaine de communes aux alentours de Geispolsheim. Là-bas, agriculteurs et associations de protection se livrent une véritable guerre. La sauvegarde du grand hamster d’Alsace n’est pas seulement une utopie écologiste, c’est une nécessité du point de vue de la biodiversité. Des plans de sauvegarde ont été mis en place à plusieurs reprises. En vain. La petite bête au poil doux continue de s’éteindre. En 2006, Sauvegarde Faune Sauvage a émis des recommandations au Conseil de l’Europe pour l’application de toute urgence de la Convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe. Cela n’a pas empêché la destruction de plusieurs hectares de luzerne et de blé à Entzheim (Bas-Rhin) pour y construire des bâtiments. Or, la principale cause de la disparition du mammifère, c’est l’urbanisation à outrance de la région qui entraîne la destruction de son milieu de vie. Récemment, une polémique a éclaté à Brumath (Bas-Rhin) où cinq associations ont déposé un recours contre des projets de construction d’une zone économique de 120 hectares demandés par le préfet de la région. Ce recours a provoqué la colère du maire de la commune, mais sur cette superficie « 20 hectares sont considérés comme favorables au hamster, et pour enrayer sa disparition, les pouvoirs publics doivent absolument protéger ces terrains » a expliqué Maurice Wintz, président d’Alsace Nature. Souvent critiqués pour leur manque de réactivité, les pouvoirs publics ont été épinglés en 2008 par les associations de défense du grand hamster d’Alsace qui n’ont pas hésité à porter plainte auprès de la Commission Européenne. Résultat, la France se retrouve devant la Cour de Justice pour son inertie dans le dossier. Elle serait sous la menace d’une amende record de 17 millions d’euros si cela aboutissait. Face à la colère des agriculteurs, le gouvernement a cependant mis en place des primes d’un montant total de 50 millions d’euros à ceux qui adapteront leurs cultures. Mais il faudrait faire beaucoup plus selon les associations qui craignent que ce programme ne débouche sur la création de « minuscules sanctuaires ». Le combat pour le sauvetage du grand hamster est donc loin d’être terminé.

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