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| AccueilLe candidat de la droite libérale a remporté les élections présidentielles chiliennes. Une exception en Amérique latine où la gauche domine.
Sebastian Pinera a gagné dimanche 17 janvier les élections présidentielle chiliennes avec 52% des voix contre 48% pour son adversaire le candidat démocrate Eduardo Frei. Dans un discours d’investiture très « Obamien », il a salué "un grand jour pour le Chili" et appelé à "l’unité" pour faire du Chili "le plus beau pays du monde".
Surnommé le "Berlusconi chilien" son élection marque un tournant symbolique puisque la droite n’avait pas atteint le pouvoir par les urnes depuis 1958. Elle dirigera le gouvernement pour la première fois depuis la fin de la dictature en 1990. À 60 ans, le milliardaire Pinera dont la fortune est évaluée à 1,2 milliards d’euros, possède 26% des parts de la plus importante compagnie aérienne chilienne LAN, la chaîne de télévision "Chile Vision" et la célèbre équipe de football nationale "Colo Colo". Économiste formé à Harvard, il a fait campagne en promettant la création d’un million de nouveaux emplois, un doublement des revenus par habitants et une croissance de 6% par an.
Le Chili, qui a vu sa pauvreté diminuer de moitié pendant les quinze dernières années, compte toujours 18% d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup espéraient, en votant aux couleurs de l’alliance pour le changement, parti de Pinera, que ce dernier saurait faire fructifier le pays comme il a su le faire avec ses entreprises. Un CV et un programme alléchants bien que le vainqueur de l’élection présidentielle n’ait jamais exclu de faire appel à d’anciens fonctionnaires de la dictature s’il atteignait le pouvoir. Une décision probable puisque Sebastian Pinera est attaché au gouvernement putschiste à la fois par son frère, ministre de l’emploi sous Pinochet et par la très conservatrice Union démocrate Indépendante (UDI), qui avait soutenu la junte militaire il y a trente ans, et qui a activement soutenu le nouveau président durant toute sa campagne 2009.
L’élu de droite poursuivra donc la voie néo libérale, instaurée au Chili par le
gouvernement putschiste mais a néanmoins demandé conseil à madame Bachelet, la très populaire présidente sortante, pour "prolonger nombre des bonnes réalisations" engagées par son gouvernement. Cette dernière, qui bénéficiait de 80% de popularité dans l’opinion avait appelé à voter Frei une semaine avant l’élection alors que l’écart entre les deux candidats se rétrécissait. Elle avait notamment tenté de faire passer en urgence une loi permettant aux chiliens vivants à l’étranger de voter aux présidentielles et d’être inscrits automatiquement sur les listes électorales.

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